Sud-Kivu : « Nous ne sommes plus un groupe armé, le désarmement se fera à d’autres groupes et pas à nous » (Porte parole de CNPSC)

À l’occasion du séjour de la délégation provinciale du Sud-Kivu conduite par le vice-gouverneur Jean Jacques Elakano dans la ville de Baraka, une déclaration marquante a été faite par M. Waùbwela Mwila Dalton, secrétaire général et porte-parole de la Coalition nationale pour la souveraineté du Congo (CNPSC) et porte-parole de la coordination des Wazalendo en charge des opérations au Sud-Kivu.

Lors d’une interview accordée ce dimanche 29 juin 2025 à Sautiyawahamiaji.net, M. Waùbwela a tenu à clarifier la position actuelle de la CNPSC dans le paysage sécuritaire congolais.

« Nous ne sommes plus un groupe armé, nous avons été reconnu par l’ordonnance présidentielle, et par l’État Congolais que nous ne sommes pas un groupe armé négatif », a-t-il affirmé.

Selon ses propos, cette reconnaissance officielle confère à la CNPSC un nouveau statut : celui de Réserve Armée de Défense (RAD), intégrée dans l’architecture sécuritaire de la République démocratique du Congo (RDC).

« Nous sommes des réservistes de forces loyalistes et non une milice, ou force négative », a-t-il insisté, balayant ainsi toute assimilation avec les groupes armés encore actifs dans l’est du pays.

M. Waùbwela, qui accompagnait la délégation provinciale en tant que représentant du coordinateur des Wazalendo, le commandant Amuri William Yakutumba, a tenu à préciser la portée de cette transformation :

« Ce ne sont pas nous qui serons désarmés, peut-être les autres, car vous ne pouvez pas désarmer votre police ou votre armée. »

Cette déclaration intervient dans un contexte où les autorités congolaises poursuivent des efforts de stabilisation dans les provinces de l’Est, en proie depuis des décennies à l’activisme de groupes armés. Si la reconnaissance de certains mouvements comme forces loyalistes suscite des débats, elle marque aussi une volonté politique d’intégration progressive de certains acteurs non étatiques dans une dynamique de paix et de cohésion nationale.

Reste à savoir comment cette mutation sera perçue et mise en œuvre sur le terrain, notamment par les autres groupes armés et la population locale, encore souvent méfiante face aux promesses de désarmement et de réintégration.

La Rédaction

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