Nord-Kivu : Internet coupé, population prise au piège d’une SIM MTN à 10 000 FC

Depuis plus d’une semaine, les territoires de Rutshuru, Masisi et Walikale, au Nord-Kivu, sont privés de connexion Internet et de réseaux de téléphonie mobile. Une situation qui affecte gravement la population locale, déjà éprouvée par l’insécurité, et qui suscite une vive indignation face au silence des autorités et des opérateurs de télécommunications.

Dans ce contexte de crise, l’accès à l’information en temps réel demeure un droit fondamental.

Pourtant, les habitants de ces zones se disent coupés du monde, incapables de communiquer avec leurs proches ou de suivre l’évolution de la situation sécuritaire et politique du pays.

Selon une source contactée à Rutshuru-centre, la seule alternative après la coupure des réseaux nationaux consiste à capter difficilement le signal de MTN en provenance de l’Ouganda, notamment dans certaines zones frontalières.

« Je me trouve à Bunyangula pour tenter de me reconnecter au monde numérique », a confié une source à notre rédaction.

La même source déplore également la flambée des prix des cartes SIM. Une carte SIM MTN se vendrait actuellement jusqu’à 10 000 francs congolais, contre un coût nettement inférieur auparavant.

« Je l’ai achetée à 10 000 FC, et pourtant la connexion reste très instable et peu efficace », ajoute-t-elle.

À ce jour, aucun communiqué officiel n’a été publié par les opérateurs de téléphonie ou les autorités compétentes pour expliquer les raisons de cette coupure prolongée de l’Internet dans ces territoires.

La population appelle instamment au rétablissement rapide des réseaux de communication, afin de rester connectée au reste du pays et au monde extérieur.

Même à Goma, chef-lieu de la province, plusieurs habitants témoignent d’une instabilité persistante de la connexion, quel que soit l’opérateur concerné : Airtel, Orange ou Vodacom.

Pour de nombreux observateurs, cette coupure de la communication s’apparente à une « guerre silencieuse », plongeant les populations de l’Est de la RDC dans une incertitude totale face à une crise sécuritaire déjà complexe.

Moïse Mfaume Excel, à Goma

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