Ituri : l’arrestation de Bassa Ndrodza Faustin provoque un choc économique et social sans précédent

L’Ituri traverse une crise d’approvisionnement inédite depuis l’arrestation, le 27 juillet dernier, de Bassa Ndrodza Faustin, figure emblématique du commerce provincial et fondateur de l’établissement Pamoja na Yesu. Interpellé par l’auditorat militaire, cet acteur économique majeur est détenu à Kinshasa, laissant derrière lui un vide aux conséquences profondes sur l’économie locale.

Dans les rues de Bunia et dans les territoires environnants, jusqu’à la frontière ougandaise, l’impact est visible : pénuries, flambée des prix, ralentissement des activités portuaires et perte massive de revenus.

Un acteur clé du commerce frontalier

Depuis des années, Bassa Ndrodza Faustin était l’un des pivots de l’approvisionnement de la province, important par voie maritime via les ports de Toroko et de Kasenyi, dans le secteur de Bahema Sud, des tonnes de marchandises de première nécessité. Ces activités faisaient vivre des centaines de jeunes, employés au chargement et au déchargement, réduisant ainsi le chômage dans cette région en proie à des difficultés économiques chroniques.

Selon une enquête de Sautiyawahamiaji.net, l’arrêt brutal des opérations de son entreprise a mis à mal toute la chaîne logistique. Des dépôts et entrepôts du centre-ville de Bunia aux marchés ruraux, les stocks s’amenuisent et les prix flambent.

Une flambée des prix qui frappe les ménages

Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

Le sac de riz de 50 kg est passé de 20 USD à 25 USD.

Le bidon de 20 litres d’huile de palme coûte désormais 36 USD, soit 6 dollars de plus qu’avant l’arrestation.

Cette inflation survient dans un contexte déjà fragilisé par l’insécurité sur la RN27 et le mauvais état des routes, qui limitaient déjà l’accès aux produits agricoles.

Des pertes économiques majeures

L’arrestation de Faustin a entraîné :

une raréfaction des produits agricoles et manufacturés ;

l’arrêt ou le ralentissement des activités de Pamoja na Yesu, provoquant une pénurie des denrées de base ;

l’effondrement des revenus de nombreuses familles vulnérables ;

une baisse sensible des recettes fiscales et douanières dans toutes les régies financières de l’Ituri (DGRPI, DGI, DGDA, DGRAD, DGM, etc.).

Les experts locaux soulignent que Bassa Ndrodza Faustin contribuait à presque tous les secteurs économiques de la province, rendant l’Ituri fortement dépendante de son réseau commercial.

Un sentiment d’injustice et de turbulence

Dans les rues de Bunia, certains parlent de “turbulence politique” et s’inquiètent d’un climat d’insécurité économique, particulièrement pour la jeunesse. Des voix s’élèvent pour demander aux autorités militaires de protéger les opérateurs économiques encore actifs et d’assurer la continuité des échanges commerciaux.

La détention prolongée de Faustin, perçue par beaucoup comme un coup dur pour l’économie régionale, reste au centre des débats, avec l’espoir que des solutions soient trouvées pour éviter l’effondrement complet des circuits d’approvisionnement en Ituri.

Moïse Excel Mfaume, à Goma

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