Mwenga : la société civile sensibilise sur le civisme fiscal et la rétrocession

Le cadre de concertation de la société civile territoriale de Mwenga a organisé, ce dimanche, une séance de sensibilisation sur le civisme fiscal et la rétrocession en faveur de la population locale. L’objectif : amener les citoyens à comprendre le bien-fondé du paiement des taxes et impôts, et encourager une meilleure gestion des fonds publics destinés au développement durable du territoire.

Un contexte socio-économique difficile

Cette activité s’inscrit dans un contexte marqué par la dégradation de la situation sécuritaire et économique du Sud-Kivu depuis la prise de Bukavu par les rebelles du M23, suivie de l’installation temporaire du gouvernement provincial à Uvira.

Les participants ont également évoqué la fermeture de plusieurs institutions bancaires dans la province, une situation qui a conduit le gouverneur à interdire tout paiement manuel des taxes et impôts dans les zones enclavées, notamment à Mwenga et à Shabunda.

Selon les organisateurs, cette mesure vise à mettre en place un système électronique de paiement sécurisé, relié directement aux banques, pour lutter contre la corruption et les détournements. « C’est une initiative encourageante qui mérite d’être concrétisée rapidement », a déclaré un membre de la société civile locale, saluant la volonté du gouvernement provincial d’assainir les finances publiques.

Des difficultés persistantes sur le terrain

Malgré ces efforts, la population continue de subir des tracasseries administratives de la part de certains services dits d’assiette, alors même que la guerre et la pauvreté affectent lourdement le quotidien.

Les participants ont, en outre, dénoncé la dégradation avancée de la Route nationale n°2, véritable épine dans le développement économique du territoire.

« Face à la défaillance des infrastructures, comment respecter les obligations fiscales sans contrepartie en termes de services publics ? » s’est interrogé un opérateur économique présent à la séance.

Les doléances des participants

Au cours des échanges, plusieurs préoccupations ont été soulevées :

L’exigence de bordereaux de dépôt par le service des mines ;

L’enclavement de Mwenga-centre et de Kamituga, inaccessibles par véhicules ;

Le refus des billets usés ou déchirés par les commerçants et les agents de mobile money ;

L’absence de régulation des prix des denrées de première nécessité par la FEC et les autorités locales.

Les participants ont convenu de la nécessité d’un dialogue constructif entre l’administration, les services techniques et les structures citoyennes pour résoudre ces problèmes.

Des actions proposées

En clôture, trois axes d’action prioritaires ont été adoptés :

1. Soutenir la note circulaire du gouverneur du 2 mai 2025 par une marche publique de soutien à Mwenga ;

2. Mener un plaidoyer auprès des autorités pour résoudre la question du refus des billets endommagés ;

3. Appuyer la FEC dans sa démarche de désobéissance fiscale si la Route nationale n°2, notamment sur les tronçons Angola–Kalama (Ku Antenne) et Kibumba, n’est pas réhabilitée. Ces portions de route, qualifiées de « bourbiers infernaux », demeurent impraticables pour les camions et même pour les motos.

Cette séance a été saluée comme une initiative citoyenne encourageant la redevabilité publique et le dialogue entre les autorités et la population.

Par Clauvin Emile Kombe

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