Uvira : Le leader communautaire André Byadunia rassure la population face aux rumeurs sur un renfort du M23 à Kamanyola

Alors que des rumeurs de renforcement des rebelles du M23/AFC à Kamanyola alimentent l’inquiétude sur les réseaux sociaux, le leader communautaire d’Uvira, André Byadunia Mashaka, appelle à la sérénité et dénonce une stratégie psychologique visant à semer la panique parmi la population locale.

« Nous avons un problème de rumeurs qui circulent sur les réseaux sociaux faisant état du renfort de l’AFC/M23 à Kamanyola. Certains disent qu’ils ont vu 10 ou 20 camions remplis de leurs éléments en direction de Katogota, parce qu’au fait Katogota serait entre les mains du M23 », a déclaré André Byadunia.

Il estime que ces informations non vérifiées poursuivent deux objectifs majeurs : effrayer la population pour faire croire à une force surdimensionnée du M23, et exercer une pression sur le gouvernement congolais en pleine négociation à Doha avec les groupes armés.

« Le premier objectif est de vouloir effrayer les gens afin qu’ils comprennent que le M23 est très fort et qu’il peut occuper Uvira à tout moment. Le deuxième est de faire pression au gouvernement congolais, tellement qu’ils sont en pourparlers à Doha, que ce dernier ait peur dans le sens où, s’il n’accepte pas les propositions du M23, ils vont occuper d’autres espaces notamment Uvira et Fizi », a-t-il précisé.

Malgré la circulation de ces informations alarmantes, M. Byadunia assure que la situation sécuritaire reste maîtrisée sur les lignes de front. Il souligne l’engagement conjoint des FARDC, des Wazalendo et des forces burundaises.

« Permettez-moi de rassurer que nous sommes très bien sur les lignes de front. Les Wazalendo, FARDC, voire nos partenaires militaires burundais, sont là. Les rebelles du M23 ne peuvent pas venir avec l’intention d’attaquer Uvira en sachant que nous avons de la force pour résister et les poursuivre jusqu’au Rwanda », a-t-il affirmé.

Soulignant la proximité géographique de Kamanyola avec la frontière rwandaise, il ajoute :

« Kamanyola est très proche de Bugarama, donc s’ils tentent cet hasard, cela signifie qu’ils disent aux Wazalendo de les acheminer jusqu’au Rwanda. »

En ce qui concerne le cessez-le-feu, le leader communautaire rappelle que les Wazalendo ne se sentent liés que par le respect dû aux autorités nationales, et non par un quelconque engagement formel avec les rebelles.

« Pour nous les Wazalendo, le cessez-le-feu ne nous concerne en rien. Nous respectons seulement le gouvernement qui nous a demandé de cesser les combats, mais s’il nous l’autorisait, les rebelles du M23 ne seraient plus à Kamanyola », a-t-il lancé.

André Byadunia appelle la population d’Uvira et des environs à garder leur calme et à ne pas céder à la panique.

« Que la population reste calme. Ce sont des rumeurs de réseaux sociaux, de paniques de l’ennemi M23 pour nous effrayer et nous faire fuir », insiste-t-il.

Enfin, il interpelle les autorités nationales sur la nécessité de passer de la dénonciation à l’action concrète.

« Le gouvernement était en conseil des ministres la fois passée, ils ont dit qu’ils ont peur parce qu’ils ont appris qu’il y a un renforcement de la part du M23. Le gouvernement ne peut pas se contenter de dénoncer, il doit réagir », a-t-il martelé, ajoutant que :

« J’ai toujours appelé l’armée une force brutale légitime pour défendre l’intégrité territoriale. Mais dès lors que nous avons encore un gouvernement dénonciateur, nous ne pouvons arriver nulle part. »

Pour clore, le leader communautaire encourage les Congolais à soutenir les forces loyalistes et à faire preuve de discernement face aux informations véhiculées en ligne.

Bahome Sadi François

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